Interview Olivier Huart dans Challenges du 18 décembre 2014

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Olivier Huart était l’invité du club Business, réalisé en partenariat avec Euro Media France. Dans cette interview menée par Gilles Fontaine et Jean-Baptiste Diebold, Olivier Huart, directeur général de TDF, revient sur la cession du télédiffuseur à un groupe d'investisseurs et recense les opportunités de croissance.

 


La nouvelle stratégie de TDF dans les télécoms par Challenges

 

Challenges. Vous bouclez la cession de TDF pour 3,5 milliards d'euros. Qu'est-ce que cela change pour l'entreprise ?


Olivier Huart. Nous aurons une structure financière plus solide, nous sommes désendettés, ce qui nous permettra d'être un investisseur plus fiable avec un accès à des taux d'intérêt beaucoup plus bas. L'offre est faite par des investisseurs canadiens et anglais qui apprécient la prévisibilité de nos activités. Ceux-ci ont réservé 10 % pour un investisseur français qui sera connu d'ici à mars.


Votre activité provient à 40 % des télécoms. Quel est l'impact sur TDF de l'accord de mutualisation de réseau entre Bouygues et Numericable-SFR ?


Dans ce secteur, il y a quatre acteurs qui vont soit se comporter comme trois en mutualisant leurs infrastructures, soit se regrouper et devenir trois. Des milliards d'euros seront investis ces prochaines années dans les infrastructures 4G et surtout 5G, qui offriront des débits 50 à 100 fois supérieurs. Cela suppose beaucoup plus d'antennes.


Les opérateurs ne préféreront-ils pas déployer leur propre infrastructure ?


Ils ont le choix de faire eux-mêmes ou de faire faire. Ils devront investir massivement tout en faisant des économies, car la pression concurrentielle est forte. Nous devons donc nous positionner au bon prix et mutualiser les différents réseaux pour qu'ils fassent des économies.


Quelle est votre part de marché dans ce secteur ?


Nous sommes essentiellement implantés en milieu rural, où nous possédons 20 % des points de présence. En ville, nous sommes à environ 1%.


Les premiers téléviseurs équipés en ultra haute définition arrivent sur le marché. A quand leur généralisation ?


Les téléviseurs 4K (ultra haute définition) sont en train d'arriver dans les salons. Nous allons mettre à niveau 10 000 émetteurs d'ici cinq à sept ans. Cela nous permettra de généraliser la haute définition et, ensuite, de passer à l'ultra haute définition.


S'agissant de la radio, la France a choisi d'enterrer la nouvelle technologie, la radio numérique terrestre (RNT)…


Notre thèse, c'est la FM, encore la FM ! Avec un zeste de RNT. La FM est une activité très robuste. Nous ne couvrons pas encore tout le territoire. Et, concernant la RNT, nous accompagnons ses développements, notamment tous les services embarqués dans la voiture. Mais la RNT n'a pas vocation à se substituer à la FM.


Votre nom avait circulé pour Numericable-SFR. Une fois la cession bouclée, serez-vous tenté de revenir vers le monde des télécoms ?


TDF pourrait s'appeler « Télécoms de France », puisque c'est sa première activité. J'y suis très bien, et nous avons des actionnaires qui permettent d'écrire un nouveau chapitre de l'histoire de la société.